Si elles passent aujourd’hui pour une coiffure tendance et stylée, remises au goût du jour par les stars américaines, les tresses sont en réalité une pratique ancestrale.

Les tresses, ou la plus vieille coiffure du monde

C’est en effet dès la préhistoire que l’on retrouve les premières traces de coiffures tressées. En témoignent les statuettes de La Vénus de Willendorf (30000 av. JC) et de La Dame de Brassempouy (23000 av. JC), qui nous montrent que les tresses sont une des plus vieilles coiffures du monde ! Et ce n’est pas tout : en vogue sur Pinterest, leur accessoirisation avec des bijoux, des perles, ou des fils dorés nous vient là encore de notre passé commun ; dans l’Egypte Antique, les femmes, réputées pour leur coquetterie, arboraient sur leurs coiffures tressées les ornementations les plus raffinées !

Statuette de la Dame de Brassempouy arborant une coiffure tressée. Crédit : Wikipedia/CC.

Les tresses, une coiffure universelle

S’il est indéniable que la vallée du Nil constitue le berceau historique de la coiffure tressée, cette dernière s’est ensuite propagée dans le reste de l’Afrique noire, où elle sera le signe d’appartenance à une caste, tout autant qu’un attribut du rang social, ou une parure pour les différents événements de la vie. Dès lors, de l’Est, du Centre ou de L’Ouest, les peuples d’Afrique noire vont développer et s’approprier diverses variantes de coiffures tressées, qui deviendront emblématiques de chacun d’eux. C’est ainsi par exemple qu’aujourd’hui encore, les « Fulani » sont identifiés comme la coiffure typique des Peuls (Fulani Braids), tandis que les « mini buns » sont associés aux Bantous (Bantu Knots).

Pour autant, sous d’autres latitudes, la tresse trouve aussi un ancrage culturel fort. En Asie par exemple, il y a plus de 2000 ans, les guerriers Mandchous portaient une tresse unique à l’arrière de la tête, qui une fois enroulée sur elle-même, leur servait d’oreiller ; et très rapidement, ils se sont mis à agrémenter leur tresse de divers ornements. Dans la Chine Antique, la coiffure était un marqueur social et un indicateur de la disponibilité pour le mariage. C’est ainsi que les tresses étaient réservées aux jeunes filles de moins de 15 ans, alors considérées comme des enfants.

natte mandchou

“The Mandchu Queue” ou la natte mandchou également appelée “natte chinoise”. Crédit : Flickr/CC The Chinese Mechanics (c.1907)

Chez les Amérindiens également, la tresse a son histoire. Dans cette culture, les cheveux sont historiquement associés à de nombreuses croyances spirituelles. Ainsi, ils sont considérés comme une extension de la pensée, et porter les cheveux tressés témoigne alors de l’unité de la pensée.

Et puis, géographiquement plus proches de nous, les Vikings. Autour du Vème siècle, ils ont apporté leur pierre à l’histoire de la tresse : ces tribus germaniques et celtiques du Nord de l’Europe arboraient en effet barbe et cheveux longs, qu’ils tressaient vers l’arrière de la tête et sur les côtés du visage.

On le voit bien, qu’elle soit égyptienne, africaine, indienne ou hollandaise, la tresse est présente dans toutes les cultures. Versatile par essence, elle offre, en sachant mixer les inspirations culturelles, une créativité sans limites. Plutôt que d’en faire l’objet de querelles de pré-carré, pourquoi ne pas la voir comme un trait d’union interculturel ?

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